« Des Flâneurs » à Garges-lès-Gonesse

Les Flâneurs Association Double Face

350 élèves d’une ZEP font de l’art contemporain

À Garges-lès-Gonesse, 350 élèves ont travaillé pendant un an avec des artistes sur l’art contemporain. Le week-end du 14 juin, ils ont présenté leurs œuvres dans un parcours artistique intitulé « Des Flâneurs ».

Pendant un an, 350 élèves de Garges-lès-Gonesse ont créé des œuvres d’art avec des artistes. Chaque semaine, les élèves de 8 établissements d’éducation prioritaire, de la maternelle jusqu’au lycée, ont ainsi découvert l’art contemporain. Le fruit de ce travail a été présenté dans un parcours artistique dans deux écoles et certaines rues du quartier alentour. Il a ouvert ses portes au public les 14, 15 et 16 juin 2014.

Les 8 établissements scolaires concernés sont situés dans le quartier Dame Blanche Nord, le seul de la ville n’ayant pas encore bénéficié du plan de rénovation urbaine. Garges-lès-Gonesse est la deuxième ville de + de 20 000 habitants la plus pauvre d’Ile de France. Ces établissements constituent un réseau d’éducation prioritaire. A ce titre, ils expérimentent depuis 8 ans les programmes successifs encourageant l’innovation pédagogique : anciens RAR, ils sont aujourd’hui ECLAIR et deviendront pilotes du nouveau programme REP + pour la refondation de l’éducation prioritaire en septembre 2014. Le projet artistique « Des Flâneurs » a été intitié par un groupe d’enseignantes du collège Paul Eluard et l’association Double Face.

Pour la première fois, les élèves de ces écoles se sont ouverts à l’art contemporain, accédant ainsi à une culture qui semble souvent réservée à une élite. Parmi les réalisations, du street art avec la création de trois anamorphoses dans le paysage. Les enfants ont découpé des bandes de papier blanc pour représenter, sur des bâtiments du quartier, des formes géométriques en trois dimensions visibles uniquement d’un point précis dans l’espace. Ils ont également expérimenté la technique du mapping. En projetant des cartes sur leur corps, ils ont dessiné des auto-portaits grâce à des stylos, des punaises et des fils tendus où chaque point du visage représente un événement marquant de leur vie.
Ils ont aussi réalisé une vidéo expérimentale à partir d’une chorégraphie à la Villa Savoye du Corbusier, des chimères en sculpture et une installation mêlant vidéo et sculpture sur le cauchemar que peut inspirer l’école.

Des élèves de 4ème ont séjourné une semaine à Venise pour visiter la biennale d’art contemporain. Ils ont ainsi découvert des œuvres très récentes dont ils se sont inspirés dans leur propre pratique artistique.

Deux peintres ont parrainné le projet : Marc Desgrandchamps et Djamel Tatah. Pendant deux mois, les élèves ont étudié leurs œuvres et produit des grands formats inspirés de cette rencontre. La qualité de leur travail a surpris les deux artistes : « Les enfants étaient très impliqués. Chacun a su trouver un mode de représentation personnel et l’a exploité avec une richesse et une liberté qui nous a surpris. »

Ce projet artistique a engagé de longues recherches de financements, avec de multiples partenaires. Cinq fondations privées ont soutenu très largement cette initiative. Une vingtaine d’enseignants s’est engagée sur une année scolaire, tous se sont beaucoup investis pour rendre les choses possibles dans un cadre institutionnel parfois rigide. Ils sont aujourd’hui très satisfaits de l’écho que ce projet a trouvé dans leur classe. Une enseignante d’élémentaire exprime son enthousiasme : « Les élèves ont très vite compris qu’ils participaient à un grand projet et en parlaient tout le temps en classe. Ils sont très fiers de leur travail ! De son côté, une élève de 4ème manifeste son excitation et son intérêt pour le projet :  » Grâce à ce projet, j’ai appris à m’ouvrir aux autres, à les respecter en acceptant leurs différences. J’ai compris que je pouvais m’exprimer par l’art, en faisant des dessins, des sculptures, de la vidéo et ça m’a fait du bien ! J’ai pris confiance en moi. L’art contemporain ne me paraît plus aussi loin maintenant. Nous attendons beaucoup de monde sur notre parcours en juin et je suis déjà très excitée de voir le résultat ! « 

Pour une présentation détaillée –>

—————–//////——————————

Quelques images de l’action

Plan "Les Flâneurs"

Plan "Les Flâneurs"

L’arrivée dans la cour du collège Paul Éluard :  Tissus colorés du marché de la Dame Blanche Nord de plus de 500m2. De fines bandes tissées ont permis aux visiteurs de poser les pieds sur cette surface colorée et s’immerger peu à peu dans l’exposition

Sur le perron : deux petites formes courtes, théâtre et danse, sont présentées en alternance, l’une, Flânerie sur les boulevards, dansée par les jeunes filles de l’atelier danse (Emilie Estiot), l’autre, Rien ne sert de courir… formée du groupe théâtre (compagnie Benarso relayée par Aurélie Baty)

Dans le préau : SIA (Syndicat d’initiative artistique)
Un « Office du Tourisme » gargeois a proposé un ensemble de cartes postales créées de la maternelle au lycée ainsi que des plans, cartes sensibles, journaux de voyageurs pour inviter à la flânerie. Ces ateliers ont proposé aux enfants et adolescents de poser un regard intime sur leur ville et ses usages, ils se sont déroulés en partenariat avec le CAUE95 (Charlotte Luthringer, Lam thuya Dang et  Raphaelle Dolléans en lien avec Virginie Loisel)

L’escalier lumineux entraine les spectateurs vers un Passage sonore (Clément Jamard) qui s’ouvre vers l’ exposition Colporteurs de curiosités et Chimères, espaces mystérieux et sombres issus de l’atelier « Cabinet de curiosités » (Coline Gauthier)

 

Des Révélations lumineuses sont données à voir et à expérimenter dans le cabinet des savants… un peu fous (Kévin Joly)

550 visages, des centaines de portraits d’écoliers ont été réunis et présentés par les trois écoles élémentaires du réseau, Victor Hugo, Anatole France et Romain Rolland (Dorothée Cuny)

La Boîte à Théâtre (des Chicas Chicas) présentait une série de 3 saynètes comiques, présentées avec un  monsieur ou madame «Loyal» au micro, morceaux de vie quotidienne sur le mode comique créés en collaboration avec les adolescents (Compagnie Benarso relayée par Aurélie Baty)

Les Lanternes magiques sont installées dans un espace sombre habité par des secrets chuchotés par les adolescents qui racontent leur première fois. Les récits sont représentés découpés et forment les lanternes qui tournent dans la lumière et se reflètent sur les murs avec mystère et nostalgie (Coline Gauthier)

Les  Tableaux de Maîtres  sont proposés par Michael Manoir, étudiant en 3 ème puis en 4 ème année à l’École nationale supérieure d’art de Paris-Cergy. Il a travaillé en collaboration des adolescents pour le mise en scène de ces tableaux, dans l’ordre La Cène, le Radeau de la méduse, la Tour de Babel et l’Exécution de Maximilien (Michael Manoir avec Virginie Loisel)

Cauchemar d’école est une installation qui invite le visiteur à se retrouver dans la pénombre d’une salle de classe chaotique, les tables sont renversées, les devoirs sur table sont suspendus au plafond et des projectiles traversent la salle tandis que deux vidéos présentent des bribes de cours ou autres interjections autoritaires de leurs professeurs dans leurs propres rôles… (Virginie Loisel)

Extraits de Cat’s, comédie musicale de Broadway. Les jeunes chats chantent « Jelly Pat » sur les « toits »du collège (Clément Jamard)

Flâner à Venise : jeux d’images. Près de 200 photographies prises pendant le voyage à Venise de la classe pilote en novembre 2013, ont été plastifiées sont disposées sur le sol du couloir  (Coline Gauthier)

Des installations vidéo issues du voyage vénitien sont projetées : Le voyage à Venise – Lagune et Palazzo Grassi l’un forme un angle l’autre est visible au travers d’oeilletons.(Virginie Loisel)

L’installation De Fils et de Visages  proposée par Pauline May  expose  une série de portraits dessinés au stylo bleu, rouge ou noir composés à partir de projections d’images, de cartes ou plans, sur les visages des adolescents. Les portraits ont ensuite été « balisés » avec des fils de laine comme des points d’encrage (avec Coline Gauthier)

Un Étrange alphabet  propose une expérience inédite, il est inventé à partir de couleur de laine. Des mots sont trouvés, enroulés sur un support et installés dans le couloir au gré d’une diffusion sonore composée de récits racontés par les enfants à partir de chacun de ces mots (avec Sandrine Sergent)

Rêveries tissées est une mise en scène sur le thème de la plage inspiré par le peintre Marc Desgrandchamps. Les danseuses présentent des mouvements simples créant des relations de jeux entre elles (Émilie Estiot)

Des vidéos ont été projetées dans les recoins du collège : Corps et décors, une vidéo danse tournée dans le collège, au Fort de Stains et à la Villa Savoye (Virginie Loisel) ; Des élèves du lycée Simone de Beauvoir  ont restitué leur Voyage à Florence à travers une installation très vivante où se mêlent moments intimes, collectifs, les visites touristiques. Ils ont également projeté les rushes vidéo récoltés pendant les répétitions théâtrales du Songe d’une nuit d’été de Shakespeare (Raphaelle Dolléans, professeure de français)

La Forêt des contes est un espace réalisé par des enfants de maternelle Romain Rolland dans le collège. Ils ont recréé une forêt imaginaire à partir de l’observation des arbres (Laurence Revida accompagnée de Virginie Loisel)

Cette salle rend hommage à la venue des deux peintres Djamel Tatah et Marc Desgrandchamps. C’est aussi la restitution de l’atelier Essais sur Nelson Mandela qu’ils ont proposé

Ces Figures sont un travail de représentation en grand format inspiré des silouhettes de Marc Desgrandchamps et de Djamel Tatah (avec Coline Gauthier)

Street art

 /// Jardin d’empreintes est un tableau-jardin planté dans le sol, présentant de drôles d’animaux inventés par les enfants de l’école Romain Rolland avec Angela Ly et Kamelia Banisadr, nos deux stagiaires en 3ème année de l’École nationale supérieure d’art de Paris -Cergy (avec Virginie Loisel)

Habitants du quartier depuis toujours, RES et SMOE sont complices. Ils ont entrepris une grande Fresque de flâneurs dans une impasse sombre et dégradée du quartier. Ce travail est venu compléter l’Escalier multicolore ainsi que les mosaïques proposées par des écoliers de CM2 de l’école Romain Rolland, ainsi que les pochoirs des collègiens réalisés avec l’artiste Heartiste (… avec Virginie Loisel)

 

 

Deux jeunes artistes, Pierre Taraquois et Geoffroy Monde,  sont venus à Garges proposer aux collègiens la réalisation d’Anamorphoses dans le quartier (avec Coline Gauthier)

L’école Victor Hugo, non loin de là, a accueilli le travail d’une classe de moyenne section aidée de quelques autres pour construire le  Passage des couleurs  inspiré de couleur et formes géométriques ainsi qu’une multitude d’objets suspendus (Angela Ly et Kamelia Banisadr, avec Audrey Garrigues et Virginie Loisel)

Le pliage du dernier jour…